Société

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Bientôt des tonnes de contenus et analyses vont être publiés à travers la planète pour revenir sur les point marquants de la décennie qui s’achève. J’y reviendrai mais sur un plan personnel,  ces dix dernières années ont été très riches en expériences qui m’ont aidé à voir le monde qui m’entoure de manière différente.

« Je n’ai pas toujours été l’homme que je suis. J’ai toute ma vie appris pour devenir l’homme que je suis, mais je n’ai pour autant pas oublié l’homme que j’ai été, ou à plus exactement parler les hommes que j’ai été. Et si entre ces hommes-là et moi il y a contradiction, si je crois avoir appris, progressé, changeant, ces hommes-là quand, me retournant, je les regarde, je n’ai point honte d’eux, ils sont les étapes de ce que je suis, ils menaient à moi, je ne peux pas dire moi sans eux.

Je connais des gens qui sont nés avec la vérité dans leur berceau, qui ne se sont jamais trompés, qui n’ont pas eu à avancer d’un pas de toute leur vie, puisqu’ils étaient arrivés quand ils avaient encore la morve au nez. Ils savent ce qui est bien, ils l’ont toujours su. Ils ont pour les autres la sévérité et le mépris que leur confère l’assurance triomphale d’avoir raison. Je ne leur ressemble pas. La vérité ne m’a pas été révélée à mon baptême, je ne la tiens ni de mon père ni de la classe de ma famille. Ce que j’ai appris m’a coûté cher, ce que je sais je l’ai appris à mes dépens. Je n’ai pas une seule certitude qui ne me soit venue autrement que par le doute, l’angoisse, la sueur, la douleur de l’expérience. Aussi ai-je le respect de ceux qui ne savent pas, de ceux qui cherchent, qui tâtonnent, qui se heurtent. Ceux à qui la vérité est facile, spontanée, bien entendu j’ai pour eux une certaine admiration mais, je l’avoue, peu d’intérêt. Quand ils mourront, qu’on écrive donc sur leur tombe : il a toujours eu raison…, c’est ce qu’ils méritent et rien de plus. Il faut appeler les choses par leur nom.»

Louis Aragon

Via Changement de société

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Dans un pays ou il y a 60 millions de commentateurs sportifs, la qualification sans gloire de la France pour la coupe du monde 2010 a créé un vif débat. Tout le monde tombe bien sur à bras raccourcis sur Thierry Henry alors que dans mon livre à moi c’est une faute d’arbitrage comme il en existe en permanence au foot. Petite revue de presse:

- Chez Patrick Lagacé: « Bon, dans un conte de Disney, THierry Henry serait allé voir l’arbitre et lui aurait confié son délit. Mais la vie n’est pas un conte de Disney, comme chacun le sait, c’est plutôt un endroit impitoyable où seuls les forts survivent, en mangeant du prochain. Et c’est encore pire dans le football international. Avant de critiquer les Français, rappelons-nous (bruit de toux) du but d’Alain Côté…»

- Chez E24 : « Un joueur rationnel et opportuniste sera toujours incité à ne pas tout à fait respecter les règles quand il est sûr que la situation ne se répétera pas. Dans le cas contraire, il sera trop coûteux de le faire car la personne en face de lui trichera sûrement à son tour quand ils se reverront”, explique Laurent Denant-Boemont, économiste et spécialiste des théories de jeux et auteur du blog “Expeconomics »

- Chez Slate: « Il ne s’agit pas ici de dire «la fin justifie les moyens», ou de glorifier la triche. Tous les moyens ne sont pas bons, et personne ne prône la violence pour gagner un match. Le fair-play peut s’exprimer de mille manières: relever l’adversaire, lui faire une haie d’honneur à la fin du match, sortir la balle quand un joueur est blessé, respecter l’équipe adverse dans les interviews… Mais il n’est pas criminel de dire que la duperie fait partie du jeu. Les joueurs qui ont cette conception du football inscrite dans leur ADN de sportif ne sont pas moins moraux, moins nobles que les autres. Ils respectent tout autant leurs adversaires. Il ne s’agit pas ici de dire «la fin justifie les moyens», ou de glorifier la triche. Tous les moyens ne sont pas bons, et personne ne prône la violence pour gagner un match. Le fair-play peut s’exprimer de mille manières: relever l’adversaire, lui faire une haie d’honneur à la fin du match, sortir la balle quand un joueur est blessé, respecter l’équipe adverse dans les interviews… Mais il n’est pas criminel de dire que la duperie fait partie du jeu. Les joueurs qui ont cette conception du football inscrite dans leur ADN de sportif ne sont pas moins moraux, moins nobles que les autres. Ils respectent tout autant leurs adversaires. Il ne s’agit pas ici de dire «la fin justifie les moyens», ou de glorifier la triche. Tous les moyens ne sont pas bons, et personne ne prône la violence pour gagner un match. Le fair-play peut s’exprimer de mille manières: relever l’adversaire, lui faire une haie d’honneur à la fin du match, sortir la balle quand un joueur est blessé, respecter l’équipe adverse dans les interviews… Mais il n’est pas criminel de dire que la duperie fait partie du jeu. Les joueurs qui ont cette conception du football inscrite dans leur ADN de sportif ne sont pas moins moraux, moins nobles que les autres. Ils respectent tout autant leurs adversaires.

Quand un joueur effectue un tacle «trop» appuyé, il enfreint également les règles, en plus de mettre en danger l’intégrité physique de son adversaire. Un Irlandais, prenons Roy Keane au hasard, vous dira que la seule différence est qu’il n’essaie pas de le dissimuler, donc qu’il ne triche pas. Un Argentin vous dira que la seule différence, c’est qu’il est moins malin que celui qui fait une petite faute dans le dos de l’arbitre.»

Et le mot de la fin par Vinvin, commentaire vidéo à chaud:


Allez je termine avec cet hommage à Thierry Henry qu’on a eu rapidement tendance à enterrer, souvenirs d’un but d’anthologie.

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Quand je lis et écoute Albert Jacquard mon moral et ma confiance dans l’évolution de notre monde remonte.  Ce n’est pas en se pliant à la pensée dominante que les choses évolueront. J’avais publié un billet sur mon blog techno reprenant son manifeste sur l’éloge de l’utopie. Ha l’utopie, que de grandes choses réalisées grâce à elle, de Christophe Colomb à Leonard de Vinci jusqu’à la marche sur la lune.

De passage à Montréal, le grand sage et humaniste de 83 ans a donné une entrevue au journaliste économique et toujours pertinent Gérald Fillion.

Pistes: Albert Jacquard sur Wikipédia

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L’arrestation impromptue du cinéaste Roman Polanski a suscité un vif débat. D’un côté les détracteurs d’un traquenard vs les partisans d’une condamnation sans équivoque de la pédophilie.

Sans équivoque chez Patrick Lagacé: « Oui, la femme qui était une ado à l’époque a réclamé la fin des procédures. Oui, le juge semble adorer l’attention médiatique. Mais Polanski a bel et bien fui la justice d’un pays occidental, ce qui fait de lui un fugitif. Même s’il « craignait » le juge, même si ses avocats lui avaient conseillé de se sauver. Je ne comprends pas. Je sais que ça fait plus de 30 ans, je sais que la victime souhaite publiquement que tout ça soit mis dans la filière 13, mais je ne vois pas le scandale dans l’arrestation d’un type qui a fui la justice.»

Des questions chez Rue89: « Un deuxième doute obscurcit par ailleurs le dossier. Il ne concerne pas tant la nature des faits, puisque Polanski a avoué la relation sexuelle sur mineure. L’adolescente, en revanche, a évolué : « Roman Polanski : Wanted and Desired », documentaire sorti en 200,8 lui consacre de larges passages, dans lesquels celle qui a plus de 45 ans affirme :
« Je ne souhaite pas que Polanski, qui n’a pas été traité avec justice, subisse de nouveaux châtiments. »
La victime, qui serait bénéficiaire d’un accord financier avec la partie adverse dont le montant demeure secret, fait référence à des révélations survenues a posteriori sur l’enquête elle-même. Notamment la collusion entre magistrat et procureur, qui laisse entrevoir l’hypothèse d’un procès sinon à charge, en tous cas inéquitable.
»

Justification et éclairage chez Marc-André Lussier : « Cela étant, a-t-on quand même le droit de déplorer les circonstances – je dis bien les CIRCONSTANCES – dans lesquelles cette arrestation s’est produite en Suisse? Non, personne n’est au-dessus des lois. Mais de profiter de la tenue d’une manifestation culturelle comme un festival de cinéma à vocation internationale pour envoyer au cachot un artiste qu’on s’apprête à honorer a quelque chose de choquant sur le plan symbolique. Parce qu’un précédent est créé »

Deux poids, deux mesures dans Le Monde: « J’ai appris à mes dépends, mais aussi et surtout aux dépends de celle à qui j’ai fait tant de mal, qu’une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu’elle donne son consentement, y compris lorsqu’elle est explicitement demandeuse, c’est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol. Si vous me demandiez la raison de cette impossibilité, je vous répondrais ce par quoi je commençais ce paragraphe. D’où, Messieurs les ministres, la nécessité de répondre de ses actes devant la justice, devant la victime et de les revoir, les mâcher, les ruminer, jour après jour, nuit après nuit. Tout cela bien sûr dans la douleur, les larmes, la contrainte, l’humiliation, la honte et la solitude de la prison. Travail qu’on ne peut nullement réaliser dans le strass et les paillettes

Piste: Roman de Roman Polanski, autobiographie, 1984

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Interview intéressant du sociologue Christophe Aguiton qui voit un rapport entre la contre culture des années 60 et le web 2.0:

« Peut-on considérer Internet comme un vecteur de remise en cause de l’autorité, qu’elle soit politique, morale ou intellectuelle ?

A coup sûr ! Le fait qu’Internet s’adresse à des millions de personnes qui peuvent réagir à tout moment ne va pas sans poser des problèmes aux pouvoirs constitués. Je pense cependant que plus l’on se situe en haut dans l’échelle du pouvoir, plus ces choses-là se gèrent tranquillement. En particulier du côté des responsables politiques qui sont habitués à agir dans un espace public ouvert.

La nouveauté, c’est que le débat véhiculé par Internet a maintenant lieu à tous les niveaux et que cela touche des maires de petites villes et des élus locaux qui, auparavant, ne connaissaient pas ce type de contestation. Là, cela peut poser problème, car cela touche une population qui ne dispose pas forcément des codes pour ce genre d’exercice. »

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