culture

You are currently browsing articles tagged culture.

Bientôt des tonnes de contenus et analyses vont être publiés à travers la planète pour revenir sur les point marquants de la décennie qui s’achève. J’y reviendrai mais sur un plan personnel,  ces dix dernières années ont été très riches en expériences qui m’ont aidé à voir le monde qui m’entoure de manière différente.

« Je n’ai pas toujours été l’homme que je suis. J’ai toute ma vie appris pour devenir l’homme que je suis, mais je n’ai pour autant pas oublié l’homme que j’ai été, ou à plus exactement parler les hommes que j’ai été. Et si entre ces hommes-là et moi il y a contradiction, si je crois avoir appris, progressé, changeant, ces hommes-là quand, me retournant, je les regarde, je n’ai point honte d’eux, ils sont les étapes de ce que je suis, ils menaient à moi, je ne peux pas dire moi sans eux.

Je connais des gens qui sont nés avec la vérité dans leur berceau, qui ne se sont jamais trompés, qui n’ont pas eu à avancer d’un pas de toute leur vie, puisqu’ils étaient arrivés quand ils avaient encore la morve au nez. Ils savent ce qui est bien, ils l’ont toujours su. Ils ont pour les autres la sévérité et le mépris que leur confère l’assurance triomphale d’avoir raison. Je ne leur ressemble pas. La vérité ne m’a pas été révélée à mon baptême, je ne la tiens ni de mon père ni de la classe de ma famille. Ce que j’ai appris m’a coûté cher, ce que je sais je l’ai appris à mes dépens. Je n’ai pas une seule certitude qui ne me soit venue autrement que par le doute, l’angoisse, la sueur, la douleur de l’expérience. Aussi ai-je le respect de ceux qui ne savent pas, de ceux qui cherchent, qui tâtonnent, qui se heurtent. Ceux à qui la vérité est facile, spontanée, bien entendu j’ai pour eux une certaine admiration mais, je l’avoue, peu d’intérêt. Quand ils mourront, qu’on écrive donc sur leur tombe : il a toujours eu raison…, c’est ce qu’ils méritent et rien de plus. Il faut appeler les choses par leur nom.»

Louis Aragon

Via Changement de société

Tags: , , ,

L’arrestation impromptue du cinéaste Roman Polanski a suscité un vif débat. D’un côté les détracteurs d’un traquenard vs les partisans d’une condamnation sans équivoque de la pédophilie.

Sans équivoque chez Patrick Lagacé: « Oui, la femme qui était une ado à l’époque a réclamé la fin des procédures. Oui, le juge semble adorer l’attention médiatique. Mais Polanski a bel et bien fui la justice d’un pays occidental, ce qui fait de lui un fugitif. Même s’il « craignait » le juge, même si ses avocats lui avaient conseillé de se sauver. Je ne comprends pas. Je sais que ça fait plus de 30 ans, je sais que la victime souhaite publiquement que tout ça soit mis dans la filière 13, mais je ne vois pas le scandale dans l’arrestation d’un type qui a fui la justice.»

Des questions chez Rue89: « Un deuxième doute obscurcit par ailleurs le dossier. Il ne concerne pas tant la nature des faits, puisque Polanski a avoué la relation sexuelle sur mineure. L’adolescente, en revanche, a évolué : « Roman Polanski : Wanted and Desired », documentaire sorti en 200,8 lui consacre de larges passages, dans lesquels celle qui a plus de 45 ans affirme :
« Je ne souhaite pas que Polanski, qui n’a pas été traité avec justice, subisse de nouveaux châtiments. »
La victime, qui serait bénéficiaire d’un accord financier avec la partie adverse dont le montant demeure secret, fait référence à des révélations survenues a posteriori sur l’enquête elle-même. Notamment la collusion entre magistrat et procureur, qui laisse entrevoir l’hypothèse d’un procès sinon à charge, en tous cas inéquitable.
»

Justification et éclairage chez Marc-André Lussier : « Cela étant, a-t-on quand même le droit de déplorer les circonstances – je dis bien les CIRCONSTANCES – dans lesquelles cette arrestation s’est produite en Suisse? Non, personne n’est au-dessus des lois. Mais de profiter de la tenue d’une manifestation culturelle comme un festival de cinéma à vocation internationale pour envoyer au cachot un artiste qu’on s’apprête à honorer a quelque chose de choquant sur le plan symbolique. Parce qu’un précédent est créé »

Deux poids, deux mesures dans Le Monde: « J’ai appris à mes dépends, mais aussi et surtout aux dépends de celle à qui j’ai fait tant de mal, qu’une gamine de 13 ans ne peut en aucun cas donner son consentement pour une relation sexuelle avec un adulte. Je le répète, il est impossible qu’elle donne son consentement, y compris lorsqu’elle est explicitement demandeuse, c’est vous dire combien certains font fausse route et pourquoi je fus très justement condamné pour viol. Si vous me demandiez la raison de cette impossibilité, je vous répondrais ce par quoi je commençais ce paragraphe. D’où, Messieurs les ministres, la nécessité de répondre de ses actes devant la justice, devant la victime et de les revoir, les mâcher, les ruminer, jour après jour, nuit après nuit. Tout cela bien sûr dans la douleur, les larmes, la contrainte, l’humiliation, la honte et la solitude de la prison. Travail qu’on ne peut nullement réaliser dans le strass et les paillettes

Piste: Roman de Roman Polanski, autobiographie, 1984

Tags: , , ,

Finalement et en dernier recours, le conseil constitutionnel décrit comme « le conseil des sages » et sur lequel siegent deux anciens présidents de la république, a mis un point d’arrêt à la fatwa lancée par le gouvernement français contre les internautes. Cela m’amène à plusieurs réflexions:

- Je trouve désolant que des artistes, toutes couleurs politiques confondues, préfèrent appuyer un projet anti-démocratique pour protéger leurs intérêts économiques. Cela laissera des traces.

- Je trouve inquiétant qu’un gouvernement essaye de faire passer une telle loi tout en sachant qu’elle va à l’encontre des droits et libertés fondamentales des citoyens.

- Je trouve pitoyable que l’on ai passé tant de temps, d’argent et de ressources pour cette usine à gaz  très bien décrite chez Eco89: « Si l’on compte sept heures de travail effectif, cela représente 333 décisions par jour, 47 décisions par heure et par juge, soit un peu plus d’une minute par dossier. (…) Si l’on rapporte tout cela au collège - puisque les décisions sont collégiales -, ces 1 000 décisions par jour ou 142 décisions par heure demanderont 25 secondes par décision. (…) Autant dire qu’en une seule journée d’activité, le système s’écroulera sous le poids de cette usine à décisions.»

Pistes: In Memoriam Hadopi chez Maitre Eolas

Libertés.fr dans Le Monde

Tags: , , , , , , ,

Un billet coup de gueule de Yan Barcelo sur Cent Papiers: « Au moins 4 billions $, sans doute plus, ont été arrachés des goussets publics pour être remis à une oligarchie financière de banques, de fonds d’investissement et de trusts. Comme le dit Barry Titholz dans son livre Bailout Nation, un tel montant représente plus que les sommes combinées du Plan Marshall, de la course à la lune, de la faillite des Savings & Loan, de la guerre de Corée, du New Deal, de l’invasion de l’Iraq, de la guerre du Vietnam. Imaginez si on avait consacré ces sommes à un projet constructif, par exemple un « Projet Apollo de l’énergie »! »

Tags: , , , ,

Interview intéressant du sociologue Christophe Aguiton qui voit un rapport entre la contre culture des années 60 et le web 2.0:

« Peut-on considérer Internet comme un vecteur de remise en cause de l’autorité, qu’elle soit politique, morale ou intellectuelle ?

A coup sûr ! Le fait qu’Internet s’adresse à des millions de personnes qui peuvent réagir à tout moment ne va pas sans poser des problèmes aux pouvoirs constitués. Je pense cependant que plus l’on se situe en haut dans l’échelle du pouvoir, plus ces choses-là se gèrent tranquillement. En particulier du côté des responsables politiques qui sont habitués à agir dans un espace public ouvert.

La nouveauté, c’est que le débat véhiculé par Internet a maintenant lieu à tous les niveaux et que cela touche des maires de petites villes et des élus locaux qui, auparavant, ne connaissaient pas ce type de contestation. Là, cela peut poser problème, car cela touche une population qui ne dispose pas forcément des codes pour ce genre d’exercice. »

Tags: , ,